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N°6 | L'intervention sociale collective et communautaire : réalités, atouts et limites

Dossier

D'une recherche action à une redéfinition d'un projet de formation
Comment soutenir la transformation des pratiques professionnelles et le développement de l'intervention sociale collective ?

Dina Ben Ezra, Agathe Petit

Résumé | Index | Plan | Texte | Bibliographie | Notes | Citation | Auteur


Résumés top


Français

L'article porte sur une recherche action qui s'intéresse aux pratiques d'intervention sociales collectives de 3 acteurs associatifs d'un même territoire – le 3e arrondissement de Marseille. L'étude de trois actions collectives « remarquables » met en évidence des principes d'action, et ici, ceux étroitement liés aux postures développées et aux valeurs véhiculées par les acteurs qui les développent. Ces éléments qui émergent dans un contexte de changement de la formation et de promotion de l'ISIC et de développement social, nous conduisent à nous questionner sur les transformations à apporter à la formation des futurs travailleurs sociaux afin de soutenir un renouvellement des postures mis au service du développement de l'ISIC.

English

The present article deals with an action research that focuses on community practice among three organizations working on the same territory – the 3d district of Marseille. By researching these three case studies we highlight some of their principles for successful action which are closely related to the values conveyed, as well as to the nature and the kind of relationship built between all the participants in these actions. In a context of changing approaches to professional training towards the promotion of community practice and social development these findings lead us to question the transformations to be made in the training of future social workers in order to support a renewal of training practices serving the development of community action.

Entrées d'indextop


Mots-clés : travail social, intervention sociale collective, ISIC, posture, valeurs, formation

Key words : social work, community practice, posture, values, work-linked training

Plantop


Les acteurs de l'intervention sociale à l'échelle du territoire
Un territoire de centre-ville fortement précarisé, aux problématiques multiples
Les acteurs de l'intervention sociale sur le territoire

La place de l'intervention sociale collective sur le territoire

Encadré : Les 3 actions objets de la recherche action
Des mots pour le code, association Mot à Mot
Atelier de mobilisation par la confection textile, Association d'Aide aux Populations Précaires et Immigrées
Le Participator, Association Pamplemousse Enflammé

La posture et les valeurs au cœur des principes d'action des interventions sociales collectives

Soutenir une formation à l'ISIC mise au service d'un renouvellement des postures professionnelles des travailleurs sociaux

 

Texte intégraltop


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En 2013, les acteurs du Séminaire pour la Promotion de l’Intervention Sociale Communautaire (SPISC) avec l’appui de la DCGS, du SGCIV/CGET, de la DAAEN1 impulsent une recherche action nationale sur la prise en compte de la dimension communautaire dans les interventions sociales collectives. Cette recherche-action se déploie progressivement entre 2013 et 2016 sur plusieurs sites dans lesquels « des acteurs développent depuis plusieurs années des démarches d’intervention sociale collective, reposant sur l’ambition et l’objectif de mettre en place les conditions d’une mobilisation des ressources des personnes, des groupes, des communautés »2. Neuf sites, dont Marseille, se sont inscrits dans la démarche portée par le SPISC qui relèvent de champs d’intervention très variés : prévention spécialisée, politique de la ville, éducation spécialisée, lutte contre la précarité et l’exclusion, éducation populaire… La recherche-action menée à Marseille sur l’un des territoires de la Politique de la ville : le 3e arrondissement, territoire fortement précarisé du centre-ville, vient traduire une réflexion amorcée en 2009, suite à une étude menée lors du bilan du Contrat Urbain de Cohésion Social sur la désaffection des publics de certaines structures au profit de petites associations de proximité. Les résultats de l’étude ont incité l’équipe à se questionner sur ses modalités d’intervention, à changer de regard et de démarche, et à passer du « travail pour au travail avec les habitants » en allant au-devant d’associations qui travaillent sur des dynamiques locales et de développement collectif et/ou communautaire. Ces changements se sont traduits en un travail de rencontre, de partenariat avec quelques associations localement reconnues. Poussée par la volonté de mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre, l’équipe opérationnelle de la politique de la ville fait le lien avec le SPISC et devient promotrice d’un site pour la recherche-action nationale, soutenue par notre équipe de l’IRTS PACA Corse. L’équipe opérationnelle a souhaité que la recherche-action s’inscrive à l’échelle d’un territoire, le 3e arrondissement, avec l’objectif de mieux comprendre les transformations à l’œuvre sur ce territoire, la manière avec laquelle les acteurs porteurs de changements se saisissent de la dimension communautaire pour construire des actions au plus près des besoins des habitants, d’identifier les articulations possibles entre les acteurs associatifs/communautaires et les acteurs institutionnels et par-là de soutenir les changements de pratiques.

Entre 2015 et 2016, la recherche-action s’est ainsi intéressée dans un premier temps aux pratiques d’intervention sociale à l’échelle d’un territoire, avec une attention particulière portée aux interventions sociales d’intérêt collectif des différents acteurs, afin de mettre en lumière la connaissance et reconnaissance des communautés3 et de leur légitimité à agir pour la construction du bien commun. Dans un second temps, l’objet de la recherche s’est resserré sur quelques acteurs associatifs mettant en œuvre des interventions sociales d’intérêt collectif qui peuvent être qualifiées de « remarquables » par le caractère collectif de l’action, le degré important de participation des habitants dans ces actions dans toutes les phases de l’intervention et la logique ascendante de l’intervention.

Notre contribution, outre une présentation succincte des constats et analyses relatives aux pratiques d’intervention sociale, rendra compte de quelques éléments et analyses issus de la phase d’enquête auprès de trois associations qui développent des actions collectives pour enfin questionner ce que cette recherche action amène comme réflexions sur la formation des futurs travailleurs sociaux.

Les acteurs de l’intervention sociale à l’échelle du territoire

Un territoire de centre-ville fortement précarisé, aux problématiques multiples

Le troisième arrondissement de Marseille, quartier de centre-ville entre l’hyper centre et les quartiers nord, est considéré aujourd’hui comme l’un des arrondissements les plus pauvres de l’agglomération, voire de France. Composé de 4 quartiers : St-Mauront, Belle de Mai, St Lazare, la Villette, anciennement ouvriers, touchés par la désindustrialisation de la fin du XXe siècle, les indices sociodémographiques témoignent de cette forte précarité qui concerne tous les domaines de la vie économique et sociale : logement, emploi, santé, réussite scolaire et qualification. Sur ce territoire, la question de l’habitat est centrale. Le quartier se caractérise par un habitat diffus très dégradé, géré par de nombreux marchands de sommeil ; quelques cités d’habitat social et des copropriétés en difficultés (Bellevue, Bel horizon). Quartier central et ouvrier, il a toujours été un sas d’accueil pour de nombreux migrants primo-arrivants tour à tour italiens, maghrébins, ouest-africains, et plus récemment comoriens. Des groupes multiples, d’origines plurielles, se croisent et cohabitent avec des dynamiques propres à chaque époque. Toutefois, on assiste depuis deux décennies à une installation durable de migrants comoriens sur le quartier, qui devient un repère identitaire fort. Le quartier compte de nombreux commerces, de nombreux lieux de socialisation formels et informels qui répondent aux besoins divers de la population.

Les acteurs de l’intervention sociale sur le territoire

Sur le 3e arrondissement, nous avons répertorié près de 90 acteurs qui inscrivent leurs actions dans le champ de l’action sociale et de la cohésion sociale et s’attachent à répondre aux besoins croissants de la population (accès aux droits, alimentation, santé, culture, éducation, insertion et emploi, loisirs) par une offre de service de proximité.

On trouve sur l’arrondissement, plusieurs institutions et services sociaux, tels que la Maison de la Solidarité (service de polyvalence de secteur du Conseil Départemental), le Centre Médico-Psychologique,trois centres sociaux.D’autres sont implantés sur les arrondissements voisins tout en proposant des permanences destinées à la population de l’arrondissement dans des équipements de quartier, tels la CAF, le CCAS, le Pôle d’insertion. Aux côtés de ces divers équipements socio-culturels, le territoire présente un tissu associatif dense qui couvre les différents champs de la vie sociale et culturelle. De plus en plus d’associations s’inscrivent dans l’espace public et positionnent leurs actions sur des champs de compétences de l'État : prévention de la délinquance, soutien à la parentalité, accès aux droits, accompagnement à l’emploi, maintien dans le logement, accès à la santé, réussite scolaire.

Les associations rencontrées peuvent être rassemblées en deux grands ensembles :

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Ensemble 1. Des associations implantées sur le quartier qui relèvent principalement de fédérations ou de mouvements nationaux, installées de longue date sur le territoire. Elles peuvent se regrouper en deux sous-ensembles :

Sous-ensemble 1.1. Des associations fortement dépendantes des financements publics dont les actions sont soit construites exclusivement ou en grande partie sur des dispositifs, des conventions, soit s’inscrivent dans un cadre contraint par des délégations – de services ou de prestations ; leurs marges de manœuvre sont le plus souvent limitées (lieux d’accueil RSA, CHRS, Maison Pour Tous, association de prévention spécialisée…).

Sous-ensemble 1.2. Des associations qui ont des sources de financement plurielles – dont les financements publics représentent le plus souvent moins du tiers des recettes. Leurs actions sont marquées par leur caractère solidaire et/ou caritatif (Croix Rouge, Petits Frères des Pauvres, Restos du cœur, …) et militant (Médecins du Monde, Fondation Abbé Pierre, ATD Quart Monde…).

Ensemble 2 : Des associations locales, de plus petite taille. Elles peuvent être regroupées en plusieurs sous-ensembles :

Sous-ensemble 2.1. : Des associations de quartier, créées et portées le plus souvent par des habitants du quartier (actuels ou anciens) pour répondre aux besoins des habitants du quartier, dont les actions s’inscrivent dans le champ de l’intervention sociale (Graine de Pep’s, Masaï, Association d’Hanawali de Marseille, ASM, AAPI etc…)

Sous-ensemble 2.2. : Des associations créées il y a moins de 10 ans, par des habitants ou des personnes désireuses de s’impliquer sur le quartier, dont le projet d’association s’inscrit dans d’autres champs que celui du travail social classique (culture, restauration, jardinage…). Elles ont progressivement développé des actions dans le champ de l’intervention sociale, avec une forte dimension collective et participative (Mot à Mot, l’Artichaut, Pamplemousses Enflammés, En Chantier…) mais sans compter en leur sein de travailleurs sociaux.

La place de l’intervention sociale collective sur le territoire

Les interventions sociales sur le territoire sont fortement marquées par leur dimension individuelle. Peu nombreux sont les acteurs de terrain qui engagent des interventions collectives4. Si aux États- Unis et au Canada, l’action communautaire5, le travail social communautaire6 ou encore la pratique communautaire7 sont les termes de référence pour qualifier les interventions sociales collectives, en France c’est le terme « intervention sociale d’intérêt collectif » (ISIC), forgé par le CSTS en 19888, qui regroupe, sous un même terme, les différentes approches collectives en travail social (CSTS, 2010). Selon Trémintin (2009), l’appellation ISIC constituerait une construction typiquement française créée par le CSTS pour « contourner la notion de ‘communautaire’, marquée par la culture des pays nordiques et anglo-saxons, mais peu en vogue dans notre pays ». L’ISIC devient ainsi le terme générique recouvrant plusieurs approches : le travail social communautaire, le travail social avec les groupes, le développement social, l’action collective, s’adressant à l’ensemble des professions composant le travail social français (Bouquet et Dubasque, 2011). Le CSTS dans son rapport de 1988 définit l’ISIC comme une intervention qui « se donne pour objectif la prise en compte d’intérêts collectifs, entendus comme des facteurs susceptibles de faciliter la communication sociale de divers groupes et, par-là, aider à la maîtrise de la vie quotidienne, dans ses diverses dimensions. Elle vise donc un objectif culturel et postule une démarche d’intégration » (CSTS, 2010, p. 47). Et encore, « C’est en effet la promotion, le renforcement ou la restauration d’objectifs d’intérêt général et de bénéfices collectifs qu’elle [l’ISIC] va s’efforcer de produire » (Rapport du CSTS cité par Portal et Bueno-Cazejust). La définition de l’ISIC du CSTS de 1988 met en avant la notion d’intérêt collectif qui vient se substituer à celle de communauté et fait référence essentiellement à la dimension consensuelle et institutionnelle de l’ISIC. Cet aménagement sémantique reflète, entres autres, une crainte idéologique ainsi qu’une défiance historique à l’égard du travail social communautaire perçu comme comportant un risque d’encourager le développement du communautarisme et par cela accroître les revendications culturelles et religieuses et les appartenances singulières, contraires au modèle républicain français (CSTS, 2010 ; Bouquet et Dubasque, 2011).

Cependant, l’omission volontaire de la notion de communauté de la conception de l’ISIC est loin d’être anodine et comporte des effets dépassant le simple champ sémantique se reflétant sur le travail des différents acteurs sur le terrain. En remplaçant la notion de communauté par intérêt collectif, différentes questions se posent : quel est cet intérêt collectif ? Qui est à même de le définir ? Ces interrogations renvoient à la qualification d’intérêt collectif qui est souvent entendue comme intérêt général menant au bien commun. Ainsi, la notion d’intérêt collectif risque de se voir réduite à une mission d’utilité publique en application des orientations des politiques sociales (Romagnon, 2015). L’ISIC, vidée de sa dimension communautaire, s’inscrirait facilement dans une logique institutionnelle descendante, renforcée par la recrudescence des dispositifs d’aide sociale individualisés (De Robertis et al., 2008 ; Pascal, 2013) qui cantonnerait ainsi les interventions collectives à une inscription dans des politiques d’accès et de gestion de droits individuels (CSTS, 2010). Se pose ainsi la question, comme le fait Gaëlle Le Pabic (2012), du sens de la mobilisation et la promotion du collectif, du groupe ou même de la communauté, dans le cadre d’une intervention sociale, quand le modèle culturel et politique de subjectivité dominant encourage la conquête de l’autonomie de l’individu, la réussite de soi, la responsabilité individuelle du citoyen.

Recouvrant une pluralité de logiques souvent contradictoires, les différentes approches à l’ISIC que l’on retrouve en France, se prêtent elles aussi à des contradictions quant à leur nature, finalités et stratégies d’actions. La typologie proposée parRomagnon (2015), partant d’une enquête récente menée sur 30 actions collectives en France, aide à éclaircir les différentes approches et permet de distinguer les actions collectives présentes à l’échelle du territoire. Romagnon catégorise les différentes initiatives selon deux axes principaux : la construction du pouvoir d’agir des personnes et le niveau de changement produit. Ainsi, les actions collectives que recouvre l’appellation « ISIC » seraient celles où « le public est partie prenante » des démarches collectives. Les différents degrés de participation et d’empowerment définissent, dans la typologie de Romagnon, les différents cas de figure d’ISIC, allant de « l’ISIC d’information » où le public concerné est considéré comme bénéficiaire et est doté du choix de participation à l’action proposée, mais ne détient aucun pouvoir décisionnel, à « l’ISIC de co-construction » où les personnes sont associées dès le début du projet et disposent du choix de participation, du pouvoir décisionnel et participent activement à la mise en œuvre de l’action, dans une relation de partenariat avec les professionnels.

Ainsi, la plupart des actions à visée collective rencontrées sur le territoire se résument à des actions d’information ou de prestation de service de groupe (ex. ateliers de lecture et écriture, informations collectives autours du dispositif RSA). Elles renvoient aux “ISIC d’information” qu’évoque Micheline Romagnon et sont proposées par les acteurs relevant de l’ensemble 1 mentionné supra, et plus particulièrement du sous-ensemble 1.1. Rares sont les actions à visée d’empowerment, et encore moins celles qui font du principe de co-construction une priorité.

Intéressée justement par ces ISIC de “co-construction”, la recherche action s’est penchée sur l’étude d’initiatives que nous avons qualifiées de remarquables, portées par des acteurs associatifs du territoire, qui présentent quelques caractéristiques communes :

  • Des associations constituées d’habitants de quartier ou de personnes très impliquées dans la vie du quartier,
  • Une structure associative non hiérarchisée, horizontale, avec une forte revendication de proximité avec les habitants,
  • Des associations pour la plupart locales, de moyenne ou petite taille qui ont la faveur des habitants,
  • Des initiatives portées principalement par des acteurs qui ne sont pas des travailleurs sociaux, en quelque sorte des autodidactes de l’intervention sociale (artistes, formateurs FLE, militants associatifs et/ou syndicalistes)9.

Nous avons posé trois critères pour délimiter, parmi ces actions remarquables, celles qui pourraient faire l’objet d’un approfondissement dans le cadre de la recherche action :

  1. Le caractère collectif de l’action, ce qui nous situe dans le champ du « community practice ».
  2. Le degré important de participation des habitants dans ces actions dans toutes les phases de l’intervention, à partir de la définition des besoins et/ou de ce qui pose problème, jusqu’à la mise en œuvre et évaluation de l’action, ce qui nous renvoie à “l’ISIC co-construction”.
  3. La logique ascendante de l’intervention. Ce sont des actions dites « grassroot »,qui émanent de groupes de personnes directement concernés ou de collectifs regroupant habitants et professionnels qui se distinguent par leur grande proximité avec les habitants.

C’est dans cette optique de co-construction de l’intervention sociale visant la promotion du changement et du développement social, la cohésion sociale et le pouvoir d’agir que nous avons axé le choix des actions retenues pour la recherche action. Inscrites dans une logique ascendante, les actions ciblées se distinguent par leur forte composante de participation active et d’association des personnes concernées à toutes les étapes du projet, de la programmation jusqu’à son évaluation, où la dimension collective et communautaire, entendue à son sens large, y est prépondérante. Ainsi, nous nous rapprochons des définitions anglo-saxonnes de l’action communautaire selon lesquelles la communauté même est au centre de l’intervention. C’est la communauté qui définit ses besoins, choisit ses objectifs, construit ses stratégies d’action (Ross, 1955) qui visent à la fois l’amélioration de la qualité de vie des personnes, l’empowerment individuel et collectif, ainsi que la réduction des niveaux d’inégalité, la promotion du changement social et de la cohésion sociale (Rubin et Rubin, 1992).

Afin de mieux connaître, comprendre, valoriser, faire connaître et reconnaître ces actions, nous avons adapté le cadre méthodologique de l’apprentissage par les « réussites » (« Learning From Success ») construit par le professeur en travail social Jona Rosenfeld10 qui a travaillé en partenariat et alliée du mouvement ATD Quart Monde. L’explicitation des savoir-faire construits par les différents participants : équipe, habitants et partenaires était particulièrement adaptés aux objectifs de la recherche action11.

Encadré : Les 3 actions objets de la recherche action

Des mots pour le code, association Mot à Mot

Mot À Mot est une association à but non lucratif basée à Marseille dans le 3e arrondissement, créée en avril 2011. Elle s’inscrit dans le champ de la formation linguistique pour les migrants, les allophones, ou simplement pour « celles et ceux qui ont fait l’aventure ». Elle s’adresse aussi à celles et ceux qui souhaiteraient acquérir de nouvelles compétences écrites. L’association Mot À Mot s’intéresse au langage sous toutes ses formes et à sa transmission auprès des personnes pour lesquelles la maîtrise partielle du langage peut être un facteur d’exclusion. En 2016, elle compte 3 salariés. L’action « Des Mots pour le code » a été mise en place en 2012. Elle est réservée aux femmes. Elle propose un apprentissage du français axé sur le Code de la route (découverte du champ lexical de la conduite, repérage des formes lexicales spécifiques à l'examen du code, manipulation des formes syntaxiques particulièrement récurrentes à l'examen du Code) avec les objectifs de faciliter l'accès au Code de la route pour les femmes rencontrant des difficultés avec la langue française ; de promouvoir l'accès à l'autonomie et à la mobilité pour les femmes à Marseille et faire émerger le désir de l'apprentissage de la langue française en répondant dans un premier temps à l'urgence d'un apprentissage spécifique. Elle est une action passerelle, un maillon vers l'auto-école.

Atelier de mobilisation par la confection textile, Association d’Aide aux Populations Précaires et Immigrées

L’AAPI est née en 1994, à l’initiative de bénévoles du comité chômeurs CGT 13 qui avait soutenu la grève des loyers des résidents des foyers ADOMA en 1993. L’AAPI a pour objet d’accompagner toutes les personnes en situation de précarité, tant dans leurs démarches sociales, administratives, de recherche d’emploi/formation et de santé que dans le domaine de l’accès aux savoirs. En 2016, l’AAPI compte 7 salariés et une dizaine de bénévoles. L’action « atelier de mobilisation par la confection textile » existe depuis 2005 et est financée depuis 2008, elle est destinée à une vingtaine de femmes de tous âges, en grande difficulté professionnelle, sociale et linguistique, très isolées du quartier. Elle a pour objectif la mobilisation d’un groupe de femmes à partir du support « couture » et l’acquisition d’une autonomie à travers l’élaboration d’un parcours d’insertion socioprofessionnelle pouvant aboutir à l’émergence d’un besoin de formation ou à l’inscription dans un autre dispositif de l’offre d’insertion.

Le Participator, Association Pamplemousse Enflammé

L’association Pamplemousse Enflammé a été créée en 2009 par un duo d’artistes alliant la danse et les arts du cirque. Elle défend les valeurs de l’éducation populaire et joue le rôle de médiation entre les habitants de la cité et les institutions. Son action s’est appuyée sur des animations de pieds d’immeubles au sein de la cité « Félix Pyat ». En 2016, elle ouvre dans la cité un espace pluri-artistique “l’Art Palette” de 150 m² afin de poursuivre son engagement et utiliser le support culturel pour favoriser la citoyenneté, la prévention et la création de liens. L’action « Participator » est une action de pieds d’immeubles destinée à l’ensemble des habitants de la cité et a pour visée l’amélioration du cadre et des conditions de vie des habitants en partant de leurs priorités. Chaque session du Participator se déroule sur deux mois et comprend trois étapes : la concertation des habitants et le choix de leur priorité, la mutualisation des réseaux et des compétences et la mise en œuvre de l’action. Le Participator a pour objectif de mobiliser les habitants autour d’une préoccupation commune et de mettre en place un plan d’action en faveur de cette priorité.

La posture et les valeurs au cœur des principes d’action des interventions sociales collectives

La recherche-action s’est intéressée aux principes d’actions de ces trois projets. Ils peuvent être regroupés autour de plusieurs grands axes : des postures (proximité, confiance, souplesse, convivialité…) étroitement liées aux valeurs défendues (égalité, liberté, solidarité, humanisme…) , des modalités et organisations de travail (horizontalité, leadership, un haut niveau de participation), des relations aux institutions (complexes et ambivalentes, soutien basé sur des relations de confiances construites avec le temps, place centrale de l’ambassadeur-traducteur) et enfin de la prise en compte de la dimension communautaire (communauté d’origine, de territoire, de projet suivant les actions) pour lesquels nous avons pu relever de nombreuses convergences. Nous nous intéresserons ici tout particulièrement aux postures et valeurs.

Les postures adoptées par les équipes des différentes actions se rejoignent sur la plupart de leurs dimensions : une grande proximité avec les habitants, un lien intense et dans la durée, la place centrale des habitants dans la construction et la mise en œuvre de l’intervention. « On va avec elles jusqu’au bout… on fait finalement beaucoup plus que ce qu’on avait prévu… parce que le groupe y nous pousse” (Mot à mot). Ces liens de proximité tissés entre les équipes et les habitants se traduisent par une pratique engagée en faveur des plus démunis, basée sur une approche qui a été définie par les professionnels comme relevant du “militantisme humaniste”. Au cœur de ces liens, un profond sens de respect et de confiance, le non-jugement et une réciprocité qui s’expriment dans la dimension émotionnelle des liens entre l’équipe et les habitants et entre les différentes personnes du groupe d’habitants participant à l’action. “Amour”, “gentillesse”, “chaleur”, “famille”, “convivialité”, “espoir” autant de termes récurrents dans les propos recueillis auprès de l’ensemble des parties prenantes des actions : équipes, habitants et partenaires pour décrire les liens tissés au sein de ces associations, qui ont pour objectif de redonner de l’espoir “On rabâche aussi la notion d'espoir. Tout le temps. On fait allusion à ça – espoir et amour tout le temps, toute la journée” (Pamplemousse enflammé). Si les membres de l’équipe construisent, par leur posture et leur agir, des lieux où les habitants “se sentent bien”, “en famille” et pleinement soutenus ; les habitants de leur côté sont considérés comme faisant partie intégrante de ces associations, participent aux différentes instances décisionnelles et soutiennent les associations en répondant “toujours présents quand il y a des projets” (AAPI).

Par conséquent, nous pouvons considérer que les équipes des trois actions se donnent comme priorité la dimension relationnelle. Ceci implique une pratique d’écoute active très poussée, un accueil et un accompagnement inconditionnels, et une souplesse dans toute action entreprise qui part toujours des besoins et des priorités des habitants, dans un accompagnement qui articule l’individuel et collectif et que l’on pourrait définir comme un accompagnement global. Cet accompagnement global est défini par certains habitants comme de l’aide, un soutien pour surmonter tout problème “si tu as unproblème, du coup tu viens ici, tu trouves l'aide ici, pour te soulager, un soutien” (Mot à Mot) qui s’accompagne d’un engagement à trouver des solutions “Dans tout, quand j’ai besoin de quelque chose, je sais qu’elle [J. de Pamplemousse enflammé] sera toujours là pour moi. Elle ne va pas me tourner le dos. Elle ne va jamais, jamais me tourner le dos” (Pamplemousse Enflammé).

La proximité avec l’équipe, la relation de confiance et d’alliance instaurée, l’accueil inconditionnel et sans jugement et la flexibilité des modes d’intervention ouvrent ainsi des possibles aux habitants qui trouvent auprès de ces structures non seulement un accompagnement à la résolution de leurs problèmes, mais aussi un soutien à leurs projets, à leurs aspirations. Si les supports des actions ciblées sont la couture, l’art ou encore l’apprentissage de la langue française, leur visée va bien au-delà. Elles visent l’autonomie des personnes “elles vont pour un jour devenir plus autonomes dans leur vie quotidienne” , la citoyenneté “toutes nos actions, c’est se servir du support pour accompagner vers la citoyenneté”, l’empowerment, l’émancipation et, in fine, la liberté, comme le souligne une professionnelle : “Dans le projet du code de la route, on a un projet de liberté, d’émancipation” et repris par les dires d’une des participantes : “[La lecture et l’écriture] donnent à la femme la liberté… [avec le permis] on peut aller où on veut… et c’est la liberté”.

Ainsi, une des caractéristiques majeure qui se dégage de ces trois actions repose sur la place de premier plan accordée aux valeurs dans l’agir des différents acteurs impliqués. Dans les trois cas, les valeurs de solidarité et entraide, de liberté, bienveillance, de convivialité, d’égalité (entre hommes et femmes, mais aussi entre professionnels et habitants) et un profond sens de respect de la diversité culturelle sont convergents et activement promus par toutes les personnes engagées dans l’action. L’action collective vient dès lors concrétiser ces valeurs et par-là la vision de société portée par les professionnels, les partenaires, et par les habitants eux-mêmes :“en tant que salariée féministe, je me mets complètement dans l’énergie qui est posée là [par les le projet]” (Mot à Mot) et par les mots d’un des partenaires “Parce que pour moi [le projet] c’est, le sens de la Cantine (...) moi je vois très bien dans ma tête que cet endroit un jour pourrait devenir une coopérative de groupes (...), justement, un projet comme ça où il y a la plupart des fois des groupes, bon déjà je pense que c’est un endroit qui n’existe nulle part, je crois, ou très peu, mais que ça sert à communiquer aussi ces projets.” (Mot à Mot)

Dans toutes ces actions, la dimension collective est fondamentale. Elle permet aux habitants une reconnaissance de chacun par la mutualisation des compétences et une reconnaissance sociale par l’action du groupe en tant que tel. Le groupe permet de tisser du lien, de se soutenir et de faire émerger l’aide mutuelle “Le groupe, ensemble [c’est le plus important pour nous]. Le soutien, des amis, on est tous des amis. Des sœurs, on discute, on ramène ce qu'on peut. On partage des repas, de recettes. (...) Entre nous on dirait une seule famille.” (Mot à Mot) Aussi, par le collectif les habitants reconstruisent une identité sociale positive, se sentent exister et s’engagent pour réaliser leurs aspirations - que ce soit passer le permis de conduire ou, comme nous raconte une femme de l’atelier de confection textile, pouvoir vendre sa production de vêtements “Oui, C’est un rêve de faire des robes pour aller les vendre, pour faire comme le défilé. On fait quelque chose qu’on connaît. On existe, on sert. On fait quelque chose qui donne de l’espoir” (AAPI), ou encore créer un restaurant associatif. .

Afin d’analyser ces principes d’actions liés à la posture et à la concrétisation de valeurs portées par les différentes parties prenantes, nous avons fait appel à un cadre conceptuel de pratiques sociales inclusives (inclusive social work practices) développé par Strier (2013) s’insérant dans le courant du travail social émancipateur (anti-oppressive social work12). Ce modèle se base sur quatre principes méthodologiques : l’engagement, l’advocacy, la conscientisation et la participation – principes qui sont à même de répondre aux composantes principales du processus d’exclusion sociale.

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Ici nous retiendrons les principes d’engagement et de participation / alliance qui éclairent de manière pertinente les axes de la posture et des valeurs observés dans ces trois actions collectives. L’engagement, selon Strier, vient répondre au processus de marginalisation et d’isolement social résultant, entre autres, des processus de stigmatisation. Il se décline sur quatre niveaux : émotionnel, intellectuel, éthique et comportemental. L’engagement dans sa dimension émotionnelle implique la création d’une relation personnelle, chaleureuse et affective avec les membres de la communauté. Ceci nécessite le renoncement à la distance professionnelle au profit de l’ouverture à l’autre dans une relation réciproque qui est importante émotionnellement pour le professionnel et les membres de la communauté. La dimension éthique de l’engagement se traduit par une prise de position morale sans ambiguïté en faveur des populations les plus marginalisées rejetant toutes formes d’exclusion sociale. Le troisième niveau d’engagement se décline dans la dimension intellectuelle de l’engagement, soit l’engagement dans des processus d’apprentissage continus des professionnels conjointement avec les membres de la communauté. Enfin, la dimension comportementale de l’engagement implique une pratique intense, sur la longue durée et une capacité de travailler dans l’incertitude des résultats. Le deuxième principe méthodologique consiste en une posture d’alliance avec les membres de la communauté qui favorise la participation active des personnes et la reconnaissance des savoirs de tous les participants.

En appliquant ce modèle, nous pouvons affirmer que les actions collectives rencontrées, de par la posture adoptée, de même que par les valeurs véhiculées, rentrent pleinement dans ce que Strier nomme une pratique émancipatrice et engagée qui est apte à répondre aux processus de marginalisation et de dépendance dans lesquels se trouvent les habitants, contribuant ainsi à contrebalancer les phénomènes d’exclusion sociale de ces publics. Cependant, nous avons remarqué que ces actions collectives émancipatrices sont portées par des professionnels autres que des travailleurs sociaux. Se pose ainsi la question du rôle du travail social dans des initiatives de ce type, conduites par des acteurs hors du champ du travail social, et de là des modalités de formation des travailleurs sociaux et des transformations à apporter pour soutenir la promotion et l’appropriation de l’ISIC.    

Soutenir une formation à l’ISIC mise au service d’un renouvellement des postures professionnelles des travailleurs sociaux

La recherche-action, et tout particulièrement la réflexion sur les postures et les valeurs qui sont le socle des actions collectives portées par ces acteurs associatifs engagés, inscrits à la marge de l’action sociale, nous amène à porter un regard réflexif et critique sur la formation au travail social en général, et à l’ISIC en particulier, des futurs travailleurs sociaux, et plus particulièrement les futurs assistants de service social.

Depuis quelques années, les théories et méthodes de l’intervention sociale collective sont plébiscitées et largement mises en avant, avec des impulsions fortes des pouvoirs publics dans le champ de l’intervention sociale et de la formation des travailleurs sociaux. Pour autant, les instituts de formation continuent de faire le constat de la frilosité des terrains professionnels vis-à-vis des formes d'interventions collectives et d’une difficulté à remettre en cause les postures traditionnelles et à sortir d’une approche assistancielle et curative au profit de postures plus égalitaires et émancipatrices mises au service d’approches plus globales, participatives et préventives. Brigitte Bourguignon dans son rapport sur le travail social (2015) note à ce propos que notre législation sociale, fondée sur des droits créances individuels, tend à confiner les travailleurs sociaux dans l’instruction de demandes d’accès aux dispositifs. L’intervention sociale (...) est de plus en plus procéduralisée”. Les sites qualifiants restent, comme nous avons pu le constater à l’échelle du territoire ici investigué, campés sur l’intervention sociale individuelle, une approche par dispositif et peinent à s’inscrire dans ce mouvement de développement des approches collectives.

Dans ce contexte partagé entre une volonté affichée des pouvoirs publics, des déclarations d’intention, des initiatives et actions éparses et un sentiment persistant d’impuissance des travailleurs sociaux, leurs difficultés à trouver des financements et à développer la dimension collective du travail social, la formation, et par conséquent les instituts de formation ainsi que les étudiants, ont un rôle central à jouer.

La promotion de l’intervention sociale collective doit s’accompagner pour les centres de formation d’un engagement plus affirmé autour du sens de l’intervention sociale en général et du travail social en particulier. À cet effet, il est indispensable de s’entendre sur les finalités de l’intervention et de l’action sociales, valorisant la promotion de la justice sociale, la réduction des inégalités, et ainsi faisant, la promotion du changement social. Il existe aujourd’hui bon nombre d’expérimentations pédagogiques, des contenus de formation isolés ou portés par quelques formateurs mais encore trop épars. Les formations gagneraient à s’appuyer sur des projets institutionnels et pédagogiques engagés qui soutiennent une vision du travail social en phase avec les enjeux actuels et notamment les impulsions en faveur d’un renouvellement des modes d’interventions, d’une articulation plus étroite entre les dimensions individuelles et collectives étroitement liée à une transformation des postures professionnelles.

À l’heure où une réforme des diplômes en travail social est en construction, il semblerait opportun que les cadres de référence de ces formations fournissent des points d’appui au développement de l’intervention sociale collective. En effet, bien que l’ISIC soit déjà présente dans les référentiels de formation13, et par conséquent dans les programmes de formation, la dimension technique et gestionnaire qu’ils véhiculent ont largement contribué à un appauvrissement des formations, dès lors qu’ils en constituaient le socle premier. En effet, l’ingénierie de formation a, depuis les années 1990, laissé une large place à l’approche par les compétences. Selon Tremblay, ce courant pédagogique fondé sur les compétences, qui s’est traduit en savoir-faire, modalités d’évaluation et de certification a conféré aux formations en travail social une dimension techniciste. Les critiques de cette approche pointent “un caractère déshumanisant (...), se soucie peu de l’étudiant et étouffe la créativité. On lui reproche également de façonner tous les étudiants dans le même moule et de fragmenter les programmes en négligeant l’essentiel” (1990, p. 98). La décomposition de l’activité en tâches et opérations laisse peu de place aux savoir-être et à la qualité de la relation instaurée avec les personnes accompagnées, pourtant essentiels dans l’exercice des métiers du travail social, et pour le renouvellement des postures propice au développement des interventions collectives. Gageons que dans les référentiels à venir qui serviront de socle à la réforme, la place accordée aux valeurs, à la posture, à l’engagement prennent le pas sur les savoir-faire opérationnels et les dimensions techniques.

Le rapport Bourguignon souligne la nécessité d’une meilleure appropriation, par la formation, des outils, concepts, méthodes et postures relatives à l’intervention collective. Le plan d’action en faveur du travail social et du développement social présenté en Conseil des ministres le 21 octobre 2015 évacue l’intervention sociale collective et communautaire au profit du développement social. Quant au terme “intervention sociale communautaire” il n'apparaît nulle part dans les textes et rapports officiels récents. Or, nous avons vu plus haut que les choix sémantiques ne sont pas neutres.

Soutenir la transformation des pratiques professionnelles passe par une réflexion et un engagement de fond à tous les niveaux décisionnels et opérationnels sur la nature de l’intervention sociale et du travail social de demain. Renouveler les pratiques des travailleurs sociaux afin de promouvoir l’émancipation des publics marginalisés implique aussi le renouvellement des modalités de formation. Le développement de référentiels de formation reconnaissant et valorisant les différents savoir-être et valeurs intrinsèques à la profession, tels que l’engagement, la solidarité, la justice sociale, constitue certainement un premier pas. Ceci-dit, repenser la formation en termes de pratique engagée et de posture d’alliance pour tendre vers un travail social émancipateur nécessite de porter ces principes au sein des instituts de formation eux-mêmes. Cela implique d'inscrire l'engagement et la construction d'une posture d'alliance au cœur du projet de formation sur deux niveaux principaux. Le premier envers et avec les publics accompagnés, en les intégrant à la formation14. Le deuxième niveau se réfère à l’engagement envers les étudiants en formation et au développement d’une posture d’alliance, tout en promouvant des actions collectives portées par les étudiants avec le concours technique des formateurs au sein des instituts de formation. 

 

Bibliographietop


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Notestop


1. Séminaire pour la Promotion de l’Intervention Sociale Communautaire, Direction Générale de la Cohésion Sociale, Commissariat Général à l’Égalité des Territoires, Direction de l’Accueil des Étrangers et de la Nationalité.

2. Cf [http://www.cnlaps.fr/SPIsC/s%C3%A9minaire-pour-la-promotion-de-l-intervention-sociale-communautaire].

3. Nous nous appuyons sur le terme anglais de « community » pour définir le terme de “communauté” dans ses différentes possibles dimensions. La « communauté » peut être définie comme un groupe de personnes qui se reconnaissent ; partagent un sentiment d’appartenance et s’organisent autour de :

   - un lieu de résidence : une communauté géographique.

   - des traits caractéristiques similaires : une communauté d’appartenance.

   - un intérêt commun : communauté d’intérêt.

   - une activité commune : communauté d’action.

Par une approche fonctionnaliste, telle que proposée par le sociologue américain Roland Warren (1972), nous souhaitons approcher la notion liens communautaires par les fonctions qu’ils remplissent : de socialisation, de contrôle social, mais surtout de participation et d’aide mutuelle, deux composantes se situant à la base de l’intervention sociale d’intérêt collectif.

4. Le terme intervention collective recouvre une multitude d’approches, qui varient suivant les auteurs et les acteurs de terrain, qui par ce même terme définissent des modalités d’action très disparates. Ainsi, dans cet article nous nous référons aux définitions plutôt issues de la littérature anglo-saxonne.

5. En anglais : Community Action. À ce sujet v. p.ex. Lavoie et Panet-Raymond, 2014.

6. Community Social Work.

7. Community Practice - À ce sujet voir p.ex. : Weil, 2013.

8. Rapport remis au ministère en 1988.

9. Si l’on réduit le travail social aux catégories les plus professionnalisées de travail social « canoniques », « établis », en référence aux métiers répertoriés par le ministère.

10. Voir. aussi: Rosenfeld et Tardieu, 1998.

11. L’apprentissage par les réussites est une méthode rétrospective qui, par des procédés réflexifs, développe des processus d’apprentissage au sein d’une structure, en partant de ses réussites. Cet apprentissage permet l’identification, la description et la mise en valeur des savoirs sous-jacents de chaque réussite, ainsi que leur élaboration en savoirs mis au service de l’action, présente ou future. L’analyse d’interventions identifiées comme « réussites » va permettre ainsi d’identifier les principes d’actions-clés qui favorisent l’émergence de projets innovants ou répondant aux besoins du public sur le territoire.>

12. Burke, Harrison P., 2002, p. 227-236. Dominelli, 2002.

13. En particulier pour les assistants de service social mais aussi les conseillers en économie sociale et familiale.

14. Tel l’exemple porté par certaines IRTS, notamment ceux des Hauts-de-France, de Languedoc-Roussillon, en phase avec les préconisations des EGTS mentionnées dans le Plan d’action en faveur du travail social et du développement social. Axe I. Faire participer les personnes et mieux les accompagner, octobre 2015.

 

Pour citer cet articletop


Référence électronique

Dina Ben Ezra, Agathe Petit, "D'une recherche action à une redéfinition d'un projet de formation", Sciences et actions sociales [en ligne], N°6 | année 2017, mis en ligne le date 31 janvier 2017, consulté le 20 août 2017, URL : http://www.sas-revue.org/index.php/34-n-6/dossiers-n-6/89-d-une-recherche-action-a-une-redefinition-d-un-projet-de-formation

 

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Dina Ben Ezra
docteure en travail social, chargée d'intervention et de recherche vacataire à l'IRTS PACA-Corse
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Agathe Petit
IRTS PACA Corse
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