N°16 | Les professionnels de la déviance et de la délinquance : quels enjeux d’hybridation ? Pratiques des acteurs, lieux d’intervention et logiques professionnelles

Dossier

Dualité morale dans la gestion de la déviance juvénile au Sénégal : entre référentiel institutionnel et morale du sens commun

Safietou Diack

Résumé | Index | Plan | Texte | Bibliographie | Notes | Citation | Auteur


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Français


Cet article aborde la façon dont les intervenants sociaux auprès des enfants de la rue au Sénégal mobilisent deux univers normatifs dans le cadre de leur intervention. Ces acteurs se réfèrent d’une part à la Convention internationale relative aux droits de l’enfant et d’autre part à ce que nous désignons comme une « morale du sens commun » qui prescrit les obligations de l’individu par rapport au groupe social. En s’intéressant aux normes auxquelles les praticiens de la prise en charge des enfants de la rue se réfèrent dans leurs pratiques, cet article interroge l’adéquation du seul usage des référentiels institutionnels dans l’intervention sociale au Sénégal.

English


This article discusses how social workers working with street children in Senegal mobilise two normative worlds as part of their intervention. They refer, on the one hand, to the International Convention on the Rights of the Child and, on the other hand, to what we call “common sense morality” which prescribes the obligations of the individual in relation to the social group. By focusing on the standards to which street children practitioners refer in their practices, this article questions the adequacy of the use of only institutional frameworks in social intervention in Senegal.

 

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Mots-clés : enfants de la rue, ONG, normes, déviance, intervention sociale

Key words : street children, NGO, norms, deviance, social intervention

 


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La gestion de la déviance juvénile : de la répression à l’accompagnement social

La CIDE comme cadre de référence dans la protection de l’enfance

Invoquer une « moralité du sens commun » pour rétablir le lien social

Conclusion

 

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Cet article s’intéresse à la façon dont des intervenants sociaux dans la prise en charge des enfants de la rue articulent dans leurs pratiques des normes universelles et des valeurs locales qui participent à structurer les rapports de l’individu au groupe social. En s’intéressant aux normes auxquelles les praticiens de la prise en charge des enfants de la rue se réfèrent dans leurs pratiques, cet article interroge l’adéquation du seul usage des référentiels institutionnels dans la prise en charge des problèmes de l’enfance. Nous partons du cas du traitement de la catégorie spécifique des faqman, des enfants et jeunes qui vivent dans les rues au Sénégal.

Mon propos se fonde sur des données ethnographiques collectées au cours d'une enquête de terrain menée à Dakar (capitale du Sénégal) dans le cadre d’une recherche doctorale. L’enquête s’est déroulée de juin 2013 à février 2014, puis de juillet à août 2015, soit sur une durée totale de 11 mois. Durant ces périodes, j’ai côtoyé et interrogé différents acteurs impliqués ou concernés par les « enfants de la rue ». Le corpus est constitué de 33 entretiens semi-directifs réalisés sur la base de guides d’entretiens qui, suivant les interlocuteurs, abordaient la trajectoire dans la rue et le rapport à cet espace, les modalités de la prise en charge des enfants de la rue, et les rapports entre le changement social, les transformations des pratiques éducatives locales et la déviance. Les lieux de vie et profils des jeunes de la rue ne permettaient pas toujours de mettre en place systématiquement des entretiens. C’est la raison pour laquelle les données sont aussi composées de discussions informelles menées avec les jeunes durant des temps de visites sur leur squat avec des agents sociaux. Ces discussions ont ensuite été transcrites de mémoire sur un carnet de terrain tenu lors de l’enquête. Parmi mes interlocuteurs il y a eu des enfants (12) qui vivaient encore dans la rue au moment de l’enquête, de même que des enfants qui en étaient sortis. Le corpus contient aussi des entretiens réalisés avec 14 agents sociaux (travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés, animateurs de rue…) qui travaillent dans des structures publiques ou privées prenant en charge les enfants de la rue ou plus globalement travaillant dans la protection de l’enfance. Dans la mesure où certains « enfants de la rue » ont fugué d’écoles coraniques pour arriver dans la rue, j’ai également recueilli la parole de 7 autorités morales et religieuses locales (imams, prêcheurs, enseignants et directeurs d’école coranique).

Les observations se sont déroulées dans le cadre des activités du Centre N.1, un centre d’accueil qui travaille à la réinsertion des « enfants en rupture familiale ». Il a constitué un intermédiaire pour avoir accès aux milieux des faqman, souvent très méfiants. Ce centre d’accueil est installé dans un quartier populaire de la banlieue dakaroise et dépend d’une association administrée par des missionnaires catholiques. Hormis le fait qu’il me permet d’entrer en contact avec la population des faqman, le centre N. comme terrain d’enquête est l’opportunité d’observer les rapports entre agents sociaux et « enfants de la rue ». Accueillie en tant que stagiaire, j’ai l’occasion de suivre de l’intérieur et de participer au processus d'intervention que cette structure a mis en place dans le cadre d'un « projet de réinsertion des enfants en rupture familiale ». J’identifie par cette voie les modalités de construction et d'application d'une gestion de la déviance sociale. Ainsi, je prends part aux actions-rue, des visites réalisées par la structure deux fois par semaine sur les squats occupés par les faqman. Les agents du centre N. proposent lors de ces visites une écoute et des soins médicaux, ainsi que conseils et orientations en fonction des sollicitations des jeunes. Je participe également aux accueils hebdomadaires dans les locaux de la structure. Lors de ces accueils j’assiste aux écoutes individuelles que les intervenants réalisent avec les enfants, ainsi qu’aux séances thématiques de sensibilisation qui elles sont collectives. Mes observations ont donc lieu dans deux contextes : l’espace de la structure d’intervention et la rue dans les « milieux » des faqman.

L’analyse des données est faite sur la base d’une méthode inspirée de la théorie ancrée (Strauss et Corbin, 2005). Les entretiens sont dans un premier temps transcrits, lus et résumés par des mémos. Les observations sont traitées suivant le même procédé. Cette réduction des données a permis d’identifier les éléments du corpus spécifiquement liés au questionnement qui a fondé la recherche. Ces éléments ont été ensuite regroupés sous des catégories, elles-mêmes mises en relation avec des notions sociologiques, telles que celle de déviance (au sens de Becker, 1991) afin de saisir les significations qu’elle pouvait avoir pour les acteurs interrogés.

L’intervention auprès des enfants de la rue au Sénégal s’inscrit dans un contexte de changement social. La présence d’enfants dans les rues, au-delà de la pauvreté, y est attribuée à la transformation des structures sociales, à un effritement du lien social, et à une « crise des valeurs ». Dans l’entendement local, cette crise des valeurs renvoie à une dépravation des mœurs et à l’abandon de principes moraux qui sont considérés comme fondateurs d’un ethos sénégalais. Face à cette situation, l’intervention sociale apparaît comme une intermédiation qui vise à rétablir un lien, à la fois social et moral, rompu du fait du temps que l’enfant a passé dans la rue. Cette action a comme fondement un cadre juridique et institutionnel inspiré de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (CIDE). Toutefois, les principes véhiculés par cette convention ne sont pas totalement appropriés par les populations. On observe que les intervenants sociaux dans leurs pratiques, mobilisent aussi ce que j’appellerai une « moralité du sens commun » qui fait davantage sens auprès de leur cible d’intervention.

Les institutions sociales comme la famille connaissent des transformations qui impactent leur fonction socialisatrice. Ce constat conduit les structures d’intervention à se poser en relais et en intermédiaires entre ces institutions et l’enfant. Leur posture nous amène à les envisager comme de nouveaux espaces de socialisation qui sont impliqués dans la transmission de valeurs et de principes normatifs. La finalité de l’intervention sociale est le retour en famille. Il semble donc primordial qu’elle véhicule aux enfants des repères qui ne soient pas considérés comme en décalage, ou en contradiction avec celles qu’ils retrouveront en famille, ce dans la logique d’une réinsertion réussie et harmonieuse. Cette approche est d’ailleurs bien traduite par le concept de « réadaptation » fréquent dans le jargon des intervenants sociaux. Ce vocable renvoie à une étape dans la prise en charge, où l’enfant est censé réapprendre des normes et des habitudes sociales qu’il aurait perdues durant le temps passé dans la rue.

Je commencerai par montrer comment la gestion de la déviance juvénile au Sénégal, d’abord dominée par une approche répressive, connaît un tournant au début des années 1990 dans le contexte de l’adoption de la CIDE. Pourtant, en dépit des changements que cette dernière permet, l’application des principes qu’elle promeut connaît des limites. En effet, ceux-ci restent pour certaines populations une importation venue de l’Occident. Au regard de ce fait, nous verrons, à partir du cas d’une association locale, le Centre N., comment des agents sociaux dans la prise en charge des enfants de la rue se réfèrent aussi à une « moralité du sens commun » pour atteindre les objectifs de leur intervention, à savoir replacer l’enfant dans une forme de normalité (sortie de rue, placement en centre d’accueil, retour en famille). Nous terminerons sur le fait que la prise en charge des enfants de la rue au Sénégal s’exerce dans une dualité morale où se confrontent l’idée d’une enfance universelle et une conception locale du statut de l’enfant. Cette dualité pose la question de l’adéquation de l’idéologie institutionnelle sur laquelle se fonde actuellement la protection de l’enfance au Sénégal.

La gestion de la déviance juvénile : de la répression à l’accompagnement social

Les nombreux travaux sur les enfants de la rue, que ce soit en Afrique ou sur d’autres continents ont montré la diversité des catégories que cette expression renferme et les limites de son usage (Salmon, 1997 ; Lucchini, 1998 ; Stoeklin, 2000, Champy, 2015…). Le cas du Sénégal n’est pas une exception. Les multiples profils d’enfants qui y occupent l’espace public invitent à préciser ce que nous entendons par « enfant de la rue ». L’expression telle que je l’utilise ici désigne la catégorie locale du faqman. Ce terme composé du wolof2 faq (fuguer) et de l’anglais man se traduit par fugueur. Les faqman sont des jeunes, âgés en moyenne de 14 à 20 ans. Ce sont en grande majorité des garçons qui ont quitté, ou ont fui leur famille ou un lieu d’apprentissage. Ils évoluent en réseau dans la rue et occupent des squats où ils vivent de la mendicité, de petits boulots, et de pratiques délictuelles. Ces dernières leur valent un rejet et une stigmatisation de la part des populations. Ces jeunes sont à la fois les victimes et les auteurs d’une violence symbolique et d’une violence physique qui participent de leur perception comme des déviants, voire des délinquants. Leur vie dans la rue est interprétée comme une rupture d’avec les normes, les valeurs et les institutions sociales. Les faqman sont relativement invisibles dans les politiques et les débats publics. Leur présence dans la rue est perçue en termes de délinquance et d’inadaptation sociale, plutôt que de vulnérabilité. La répression, sinon l’indifférence priment dans leur traitement par les autorités.

Il est difficile de situer précisément l’apparition de cette catégorie du faqman dans les espaces publics urbains. Son émergence est rapportée à l’impact social des politiques d’ajustements structurels que le pays a connues dans les années 1980-1990. Les études sur cet objet en tant que sujet anthropologique restent rares3. Des sources empiriques les présentent comme une catégorie « ayant toujours existé »4 dans les espaces urbains sénégalais. Il s’agissait de jeunes qui de façon périodique commettaient des fugues en raison de conflits familiaux ou sous l’influence de leurs fréquentations dans la rue. Aujourd’hui, la catégorie s’est diversifiée. Elle n’est plus seulement composée de jeunes citadins fugueurs épisodiques. Les groupes de faqman que j’ai observés dans les rues de Dakar comptent aussi des anciens taalibe5 qui ont fugué les écoles coraniques traditionnelles (les daara) et des jeunes ruraux migrants arrivés en ville en quête d’un travail et d’une meilleure qualité de vie. Au regard de ces profils, plusieurs causes président donc à leur arrivée puis à leur maintien dans la rue. Certains fuient des violences ou des contraintes sociales, d’autres la pauvreté, espérant trouver en ville de quoi améliorer leur condition sociale et économique et aider leurs familles. Cette dimension participe d’un prolongement de l’expérience de la rue pour ces jeunes. Car, quand bien même ils vivent dans la rue une situation de précarité, ils y trouvent des ressources qui leur permettent de soutenir leurs parents. A. Guillou (2009) fait des observations similaires au Cambodge auprès d'enfants dont la présence dans la rue est due à la précarité de la situation familiale. En partant, ces enfants cherchent ainsi à la soutenir. Ils expliquent qu'ils retournent chez eux à chaque fois qu'ils ont un peu d'argent pour aider leurs parents. Certains parmi les faqman s'inscrivent dans cette logique et trouvent à effectuer des activités rémunératrices dans la rue. Ils retournent en famille pour les fêtes religieuses (maggal6, tabaski7, korité8…) et reviennent dans la rue juste après. À la question de savoir pourquoi ils ne rentrent pas définitivement, ils répondent qu'ils doivent d’abord constituer une épargne. Ces arguments sont une des raisons du maintien dans la rue. Mais ils ne sont souvent pas pris en compte par les agents sociaux qui considèrent que la prise en charge matérielle de l’enfant incombe aux parents. Or, dans ces contextes de pauvreté parfois extrême, il est courant que des enfants contribuent par un travail à la subsistance de la famille.

La diversité des profils des faqman rend ineffective une prise en charge standardisée telle que celle appliquée par les structures d’intervention. Construite sur une conception extravertie de l’enfant, l’intervention sociale, qu’elle soit le fait de structures publiques ou de structures privées suit un même processus. Celui-ci s’ouvre sur l’identification de l’enfant dans la rue et doit idéalement se terminer par son retour et son maintien en famille, avec un suivi pour assurer la pérennité de la réinsertion. De la part des autorités comme des intervenants sociaux, les faqman sont l’objet d’une approche binaire qui en fait soit des victimes à sauver ou des délinquants à normaliser. Or, comme nous l’avons montré ailleurs (Diack, 2017), l’expérience que ces jeunes font de la rue est dynamique. Leur réceptivité à l’entreprise de réinsertion diffère en fonction du moment où ils se situent dans cette expérience. Leur apparence (manque d’hygiène, problèmes de santé, balafres, blessures…) dans laquelle apparaît l’adversité liée à leur vie dans la rue, les pratiques délictueuses (vols, agressions, usages de drogues…) auxquelles certains d’entre eux s’adonnent, participent à leur stigmatisation comme déviants.

Jusqu’au début des années 1990, le traitement de ces jeunes par les autorités s’inscrivait dans une politique globale de gestion des marges urbaines héritée de la période coloniale. Cette politique fondée sur une approche répressive, consistait à soustraire des espaces publics tous les individus considérés comme des marginaux (mendiants, lépreux, prostitués, colporteurs…). Les populations marginalisées, reléguées vers les périphéries urbaines ou enfermées, étaient invisibilisées car perçues comme nuisibles à une politique de développement économique portée sur la promotion du tourisme (Collignon, 1984). Conformément à cette politique, le traitement de la délinquance juvénile était alors axé sur l’enfermement et la punition (Nédelec, 1999). Avant l’indépendance du pays, l’École pénitentiaire de Thiès9, premier centre pour jeunes délinquants de l’AOF, avait été créée en 1888 à cet effet. À partir des années 1950, il y eut les Centres d’accueil et d’orientation pour mineurs inadaptés (CAOMI). Ils donnèrent par la suite naissance au Service de l’éducation surveillée, devenu la Direction de l’éducation surveillée et de la protection sociale (DESPS) qui dépend du ministère de la Justice. Cette direction encadre des services tels que les AEMO (action éducative en milieu ouvert) et les Centres de sauvegarde qui prennent en charge les mineurs en danger ou en conflit avec la loi – catégorie dans laquelle l’on peut situer les faqman – placés dans ces services sur décision judiciaire. Cette direction a aussi comme mission le contrôle des structures privées qui interviennent auprès des enfants de la rue.

Bien que le processus de prise en charge reste judiciarisé, les services étatiques tentent progressivement d’appliquer une approche plus sociale à des fins de « rééducation » et d’« adaptation sociale ». Cette réorientation intervient à la faveur d’une mobilisation humanitaire et médiatique internationale qui fait suite à l’adoption de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (CIDE) en 1989. Dès lors, la présence d’enfants et de jeunes dans les rues est formulée comme un problème social et fera l’objet de pratiques d’intervention mises en œuvre principalement par des acteurs privées (ONG locales, associations…).Toutefois, cette évolution ne s’applique pas formellement au traitement des faqman. La représentation sociale négative dont ils sont l’objet fait que les autorités sont plus promptes à réprimer leur présence dans l’espace public (rafles policières, enfermement) qu’à formuler un accompagnement vers une sortie de rue durable. L’État sénégalais dispose de services propices à une prise en charge sociale mais l’assistance la plus constante reste celle des structures privées (ONG et associations) dont l’arrivée est impulsée par l’adoption de la CIDE.

La CIDE comme cadre de référence dans la protection de l’enfance

En 1990, le Sénégal a ratifié la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (CIDE). Associée à des instruments juridiques établis au plan régional (Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, 1998) et national (Code de la famille, Code pénal, Code de procédure pénale), ce référentiel fonde les politiques publiques dans le domaine de la protection de l’enfance. Ainsi, la « Stratégie nationale de protection de l’enfance » élaborée en 2013 s’appuie sur ses principes et valeurs, notamment le principe d’« intérêt supérieur » de l’enfant mentionné dans l’article 3 de la CIDE. Pour les structures privées, la référence à ce texte donne une légitimité juridique et institutionnelle à leur intervention et permet la mobilisation de fonds pour leur action.

La CIDE introduit une conception de l’enfant sujet de droits. C’est sur la base de l’idée de l’enfance qu’elle véhicule que sont identifiées les cibles et les finalités de l’intervention sur la problématique « enfant de la rue ». Par conséquent, moins que sur une réalité empirique, l’intervention se fait plutôt sur la base d’une représentation instituée de l’enfance. On observe ainsi que dans la prise en charge des faqman la priorité est donnée aux moins de 18 ans, limite d’âge qui circonscrit la période de l’enfance selon la définition qu’en donne la CIDE et qui est reprise dans la législation sénégalaise. La CIDE introduit une approche de la protection de l’enfance qui se veut universelle. Elle structure l’intervention et la justifie au nom du principe de la protection des droits de l’enfant. Elle en régit les modalités, qui doivent permettre la « participation » de l’enfant au processus de prise en charge, tout comme la finalité qui est son insertion dans un environnement social considéré comme adapté. Les principes de cette convention définissent la forme de l’intervention. Mais la notion de droits de l’enfant telle qu’exprimée dans ce référentiel peine à être appropriée par les populations en dépit de son ambition universaliste. Certains principes de la CIDE restent difficiles à traduire au plan local, car perçus comme étant en décalage avec les « réalités locales ». Il en est ainsi par exemple du principe de « participation » qui est difficilement applicable à un contexte où l’enfant est considéré comme immature et trop inexpérimenté pour s’exprimer sur les décisions qui impactent sa vie.

Comme le relève justement Faye dans une revue de la problématique des enfants en situation de rue au Sénégal, le pays dispose d’« une réponse institutionnelle relativement structurée » et d’« instruments juridiques protecteurs », mais ils restent « peu adaptés » (Faye, 2014, p. 16). En effet, on observe un décalage entre l’enfant sujet de droits incarnés dans les textes officiels et une représentation locale de l’enfance. Dans cette dernière, ce sont davantage les devoirs de l’enfant envers la famille, la parenté et plus largement la communauté qui sont mis en exergue plutôt que ses droits. Ce décalage est perceptible dans les malentendus qui peuvent survenir entre des parents et les agents sociaux dans la prise en charge des enfants de la rue. En témoigne cet extrait de nos notes de terrain :

Dans le cadre des activités du centre N., nous faisons le retour en famille d’un jeune garçon âgé de 13 ans que nous prénommerons Bokar. Il a fugué d’un internat coranique où sa mère l’avait placé, à près de 200 kilomètre de la capitale. Il entre en contact avec les agents du centre N. après plusieurs semaines passées dans les rues de Dakar. Lorsque nous arrivons à son domicile, ses parents sont absents. Dans la cour de la concession, assise à l'ombre d'un arbre, une fillette d'une dizaine d'années joue avec un bébé. Elle propose d’appeler les voisins qui s'occupent d'eux en l'absence de leurs parents. Quelques minutes plus tard, un couple arrive. Ils reconnaissent le jeune garçon et se montrent surpris de le voir. Ils étaient au courant de sa fugue de l’internat et n’avaient pas eu de ses nouvelles depuis longtemps. L’agent du centre N. expose les raisons de notre visite et présente les activités de la structure. Il poursuit la discussion sur une sensibilisation à propos des dangers auxquels les enfants sont confrontés en vivant dans la rue. Il termine en transmettant la demande de Bokar qui souhaite rester auprès de ses parents plutôt que de retourner à l’internat. Après un échange de contacts téléphoniques, nous prenons congé. En fin d'après-midi de ce même jour, nous recevons un appel de la mère de Bokar. Elle félicite l'initiative du centre N. Mais elle paraît confuse et dépassée par le comportement de son fils qui n’en est pas à sa première fugue. Elle dit ne pas le comprendre. Elle explique l'avoir pourtant placé dans un « bon daara, un internat où il ne mendiait même pas ». Elle aurait préféré que le centre N. le garde avoue-t-elle dans sa confusion. Suite à cette demande, un agent lui explique alors les objectifs visés par l’action de la structure, à savoir replacer l’enfant dans son milieu familial. La sollicitation de cette mère qui veut confier son enfant à des inconnus paraît incongrue. Je fais part de mon étonnement aux agents sociaux. D’après eux, il s’agit d’une réaction fréquente chez ces parents qui semblent dépassés par le comportement de leurs enfants (notes de terrain, octobre 2013).

La démarche de cette mère d’inscrire son fils en internat, puis celle de demander son placement au Centre N. apparaît aux agents sociaux comme l’expression d’une « fuite de responsabilités ». De leur point de vue, l’espace familial doit rester l’environnement privilégié pour la protection et l’épanouissement de l’enfant. Pourtant, ces parents auxquels ils reprochent de fuir leurs responsabilités estiment avoir accompli leur devoir en plaçant leurs enfants dans des lieux de confiance. En l’occurrence un « bon daara » où ils n’ont pas à mendier pour leur subsistance, comme y sont contraints d’autres enfants dont la situation est dénoncée par des ONG10.

On doit ici souligner un décalage dans l’interprétation de la notion d’intérêt supérieur de l’enfant et de ce qui peut être considéré comme fait pour le bien de l’enfant. En tant que société à majorité musulmane (plus de 90% de la population se réclame de cette confession), l’apprentissage du coran constitue au Sénégal une étape incontournable dans l’éducation des enfants. De nombreux parents choisissent pour cela de passer par les écoles coraniques (daara) afin d’inculquer cette base religieuse à leurs enfants. Cependant, ce modèle de socialisation connaît des dérives. En effet, dans certains daara, des enfants sont contraints à la mendicité et soumis à des formes de maltraitance qui les poussent à fuir ces lieux. La précarité à laquelle ils sont confrontés dans certaines de ces écoles est interprétée par les agents sociaux comme une mise en danger de leurs droits, quand des parents estiment cette étape comme un bien pour l’enfant car relevant de son éducation morale et spirituelle. Au regard de ce décalage dans les interprétations, on observe que les agents sociaux adoptent des stratégies afin que leur action soit plus effective. Ainsi dans la pratique, les principes de la CIDE sont associés à un second espace moral qui se rapporte aux représentations locales de la place et du statut de l’enfant.

Invoquer une « moralité du sens commun » pour rétablir le lien social

Le Centre N. est installée dans un quartier populaire de Dakar où il déroule depuis 2004 un programme de « retrait et de réinsertion des enfants en rupture familiale ». Ce programme suit un processus qui va du retrait de la rue à la réinsertion familiale. Les agents sociaux entrent en contact avec les jeunes par les actions-rues qui sont ces visites fréquentes dans les squats des faqman. Par cette démarche, ils établissent un dialogue afin de les inciter à quitter la rue et à retourner dans leurs familles. Le centre organise aussi des accueils hebdomadaires dans ses locaux. Il y propose des soins, de la nourriture, des vêtements, et des loisirs.

Ces accueils sont aussi un prétexte pour mener des séances de sensibilisation qui sont l’une des composantes principales du processus d’intervention. Ce sont des discussions thématiques entre les agents et les jeunes qui globalement mettent l’accent sur le caractère problématique de la vie dans la rue. Elles abordent les relations familiales, les dangers de la rue, des questions sanitaires…. Les thématiques sont choisies dans le but de faire prendre conscience aux enfants que la situation dans laquelle ils se trouvent n’est pas une situation « normale ». Des séances d’écoute individuelles sont aussi réalisées lors de ces journées afin de retracer le parcours de l’enfant et d’élaborer avec lui ce que les agents sociaux appellent « un projet de vie ». La finalité de cette démarche est d’amener les enfants à se projeter un futur hors de la rue. Dans le processus d’intervention le discours et la communication sont donc centraux. Pour les agents, il s’agit de leur montrer qu’ils sont à leur écoute et comprennent leur situation. Les principes d’« intérêt supérieur » et de « participation » formulés dans la CIDE sont au cœur de cette démarche. Ils se traduisent particulièrement dans l’identification de la rue comme un environnement inapproprié, et dans l’implication de l’enfant dans le processus de réinsertion, qui pour les intervenants doit se construire avec lui. Mais, si ces principes organisent l’intervention, ils sont en revanche très peu mobilisés dans les discours de sensibilisation tenus aux jeunes. Il n’y a pas une démarche visant à faire prendre conscience aux enfants de leurs droits. La sensibilisation privilégie, et se construit plutôt autour de ce que nous désignerons comme une « moralité du sens commun » (Massé, 2016).

En référence à cette « moralité du sens commun », les discours de sensibilisation des agents sociaux mettent en exergue une conception de l’enfant où priment son lien et ses obligations à l’égard de la communauté plutôt que son individualité. Ce concept de « moralité du sens commun » est défini comme « […] un ensemble de ‘dispositions incorporées [qui déterminent] un mode quotidien d’être au monde pour l’individu » (Massé, 2016, p. 128). Il s’agit en somme d’un ensemble de principes moraux transmis de manière implicite au cours du processus de socialisation et sur la base duquel des individus qui se réclament, et se reconnaissent mutuellement dans une appartenance sociale et culturelle commune, définissent ce qui est acceptable ou condamnable.

La sensibilisation est un volet récurrent de l'intervention. Elle se fait dans la rue par les agents sociaux qui lui réserve aussi des plages spéciales, que ce soit dans le quotidien des structures d’hébergement ou lors des accueils hebdomadaires pour les organisations comme le centre N. qui n’a pas d’espace d’hébergement. Les thèmes discutés sont choisis en fonction de l'actualité. Les fêtes religieuses, les fêtes de fin d'année, sont des prétextes pour rappeler l'importance de la famille, la nécessité d’envisager et de construire un projet d'avenir hors de la rue. Les intervenants traitent aussi de faits divers rapportés par la presse et impliquant des faqman, des interventions des forces de l’ordre sur leurs squats, ou encore des difficultés auxquelles les enfants sont confrontés dans la rue. Les agents sociaux les interpellent sur les réactions sociales que leur présence dans la rue suscite : la méfiance et le mépris des populations, les rafles policières, les lynchages, l’emprisonnement… En insistant sur l’anormalité de la vie dans la rue et en invoquant des valeurs qui sont fortement intériorisées dans la société sénégalaise, le but est d’amener l’enfant à questionner l’image de soi qu’il renvoie en restant dans la rue. Par exemple, lors d’une séance de sensibilisation, un agent du Centre N. se réfère à un reportage télévisé qui montrait des enfants se faire chasser d’un squat par des agents de police :

« J’ai vu à la télé, les boys [les enfants], en direct. On les faisait sortir, en direct, et je regardais tous les boys que je connais, à la télé. Ceux-là, je suis sûr que leur père et leur mère les ont aussi vus, tout comme moi ! Qu'est-ce qui peut faire plus de peine que cela, voir ton enfant se faire sortir des ordures, de la poubelle, de ce vieil immeuble où il n'y a que des ordures et de la m…. Tu vois ça à la télé, le monde entier voit ça, le quartier, les voisins savent que c'est ton enfant. Ce genre de choses devrait vous faire de la peine » (M.C., intervenant au centre N., Dakar, juillet 2015).

L’animateur fait appel à leur fibre familiale et à la façon dont ils pensent que leur parents, témoins d’une scène de déguerpissement retransmise à la télévision, vivent cette situation. Ce dernier argument doit éveiller chez les enfants les sentiments de rus (honte) et de kersa (retenue, décence, pudeur) ainsi que la valeur de jom (honneur) qui à leur tour doivent conduire à une prise de conscience de l’anormalité de leur situation. L’animateur en tenant ce discours veut leur signifier que s’ils sont porteurs de ces valeurs et sentiments moraux, ils ne doivent pas emprunter une voie qui les place dans une posture dégradante et honteuse pour leur famille. À côté des arguments du danger, de l’insalubrité, de la précarité vécue dans la rue, qui mettent en péril les droits de l’enfant, les intervenants sociaux font appel à ces sentiments moraux légitimés et socialement valorisés pour appuyer leur argumentaire. En rapportant ces images télévisées, l’intervenant inscrit son propos dans un espace moral qui contient la notion d’honneur (jom), inséparable de celle du gacce qui renvoie au déshonneur et à la disgrâce. Ces repères moraux structurent la présentation de soi et les rapports intersubjectifs. Dans ce contexte, ils sont censés inciter les individus à toujours se montrer en public sous un jour favorable afin de préserver leur réputation et l’honneur de leur famille. C’est un ensemble de principes moraux que les individus mobilisent afin de se protéger du discrédit social.

Les agents sociaux insistent d’autant plus sur ces notions qu’elles sont perçues par le sens commun comme menacées par les transformations qui touchent la société sénégalaise et ses institutions. Par ce propos, l’intervenant fait aux jeunes un rappel de ces valeurs dont le respect participe à préserver le lien social. Il leur signifie que leur présence dans la rue met en péril cette moralité, qu’en tant que membre d’une communauté, ils doivent rester conformes aux normes qui régissent les rapports intersubjectifs et la reconnaissance dans une appartenance sociale et culturelle commune. Les intervenants invoquent des principes qui replacent l’enfant dans son appartenance et son rapport à une communauté.

Conclusion

Les pratiques des agents sociaux auprès des enfants de la rue montrent la façon dont s’articulent des normes qui se veulent universelles (CIDE) et des normes locales dans l’action sociale. Celles-ci sont incarnées dans une « moralité du sens commun » au centre de laquelle on trouve la notion d’honneur. Cette dualité morale permet d’une part des pratiques de prise en charge qui assurent l’implication de l’enfant par le dialogue et l’écoute – qui ne sont pas courants dans les pratiques éducatives locales – conformément au paradigme de l’enfant-acteur véhiculé par la CIDE. D’autre part, elle intègre aux processus d’intervention des spécificités socio-culturelles liées aux rapports et aux obligations de l’enfant envers sa famille et sa communauté. Il y a une articulation entre des normes universelles qui définissent les contours de l’intervention et des valeurs locales qui en donnent le fond.

Bien qu’elle ait été ratifiée par le Sénégal, la CIDE, et avec elle la notion de droits de l’enfant, peine à trouver une légitimité auprès des populations. Elle est encore considérée par certains pans de la société sénégalaise comme une idéologie importée de l’Occident. En 2011, la Coalition Nationale des Associations et ONG en faveur de l’enfance (CONAFE) avait réalisé une enquête sur la connaissance et la perception des droits de l’enfant dans le pays. L’enquête concluait que sur un échantillon de 1 000 personnes enquêtées, 69% considéraient que les droits de l’enfant sont incompatibles avec leur culture et leurs valeurs. La protection de l’enfance au Sénégal se construit d’un point de vue juridique sur un référentiel qui peine à trouver un écho auprès des populations et de leur vécu quotidien. En mobilisant une « moralité du sens commun », les agents sociaux inscrivent leur pratique dans un univers de sens qui est signifiant pour les bénéficiaires de leur intervention. La prise en charge des enfants de la rue s’applique dans une dualité morale qui lui confère à la fois une légitimité institutionnelle et un ancrage social.

Cette démarche observée est pour l’heure largement informelle, dans le sens où elle n’est pas institutionnalisée. On note une différence d’approche entre les travailleurs sociaux diplômés, formés à l’École nationale des travailleurs sociaux spécialisés (ENTSS) et des agents sociaux qui se disent formés « sur le tas », à la faveur d’une expérience de terrain acquise dans les associations et ONG qui interviennent dans le domaine de la protection de l’enfance. Les premiers recourent davantage à l’idéologie des droits de l’enfant, tandis que les seconds se réfèrent plus aux valeurs et mœurs locales. Ces derniers invoqueront par exemple les notions de réputation et d’image de soi négative que l’enfant se forge en restant dans la rue. Ils diront qu’en choisissant ce mode de vie, il ne se déshonore pas seulement, mais fait honte aussi à sa famille. Ils adoptent un discours normatif inspiré des représentations et des croyances locales. Les intervenants qui ont reçu une formation professionnelle théorique et pratique dans le domaine de la protection de l’enfance se réfèrent eux plus à une éthique institutionnelle qui prescrit le traitement dont n’importe quel enfant à travers le monde devrait faire l’objet. L’hybridation informelle de ces deux univers normatifs suggère la nécessité de la conceptualisation d’une intervention sociale qui prenne en compte l’influence des différents héritages (religieux, colonial, coutumier) qui composent le Sénégal.

C’est une réflexion qui ne bénéficierait pas uniquement à la prise en charge des enfants de la rue. Elle s’étendrait à un ensemble de pratiques qui mettent en question le respect et la protection des droits de l’enfant, mais qui du fait de leur ancrage dans les mœurs et les traditions se perpétuent, bien que dénoncées : mendicité des enfants, mariages précoces, excision...  

 

Bibliographietop


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Notestop


1. Je ne reprends ici que l’initiale du Centre afin de respecter l’anonymat des sujets qui y sont pris en charge.

2. Principale langue véhiculaire au Sénégal.

3. Il faut à ce propos souligner l’enquête de F. Dramé (2010) réalisée sur le sujet pour le compte du Samu Social Sénégal.

4. Entretien avec A. Ba, travailleur social à l’ONG avenir de l’enfant, Dakar, juillet 2015.

5. Élève des écoles coraniques.

6. Cérémonie annuelle tenue dans la ville de Touba et commémorant le départ en exil du Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie soufie mouride.

7. Commémoration du sacrifice d’Abraham aussi appelé Aïd el Kabîr.

8. Fête marquant la fin du jeûne du mois de ramadan.

9. Région située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale Dakar.

10. Voir à ce propos les différents rapports de l’ONG Human rights watch (2014, 2019).

 

Pour citer cet articletop


Référence électronique

Safietou Diack, "Dualité morale dans la gestion de la déviance juvénile au Sénégal : entre référentiel institutionnel et morale du sens commun", Sciences et actions sociales [en ligne], N°16 | année 2021, mis en ligne le 23 novembre 2021, consulté le 29 novembre 2021, URL : http://www.sas-revue.org/88-n-16/dossier-n-16/229-dualite-morale-dans-la-gestion-de-la-deviance-juvenile-au-senegal-entre-referentiel-institutionnel-et-morale-du-sens-commun

 

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Safietou Diack
Anthropologue
Laboratoire d’anthropologie des enjeux contemporains (LADEC)
Université Lumière Lyon 2
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